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Combattre les idées reçues sur Fi et Fe

  • Photo du rédacteur: Whizkid
    Whizkid
  • 13 janv.
  • 3 min de lecture

Dans l’imaginaire collectif du MBTI, Fi et Fe sont un peu les Bisounours officiels du modèle. On leur prête naturellement la gentillesse, la compassion, l’écoute et une empathie quasi magique. Bref, si quelqu’un sourit trop souvent ou propose un câlin sans raison apparente, on le soupçonne aussitôt d’être un « F ». Le problème, c’est que cette image rassurante a fini par cacher ce que sont réellement ces deux fonctions cognitives. Pour comprendre Fi et Fe, il faut donc avoir le courage de leur enlever leurs ailes d’ange et regarder ce qu’elles font réellement.


L’empathie, d’abord, mérite qu’on s’y attarde. On la définit comme la capacité à comprendre et à ressentir ce que vivent les autres. On distingue une empathie affective, celle qui fait qu’on se met à stresser parce que notre interlocuteur est stressé, et une empathie cognitive, plus cérébrale, qui consiste à identifier et comprendre les émotions d’autrui sans forcément les partager. Or, l’empathie ne tombe pas du ciel le jour où vous découvrez que vous êtes FP ou FJ. Elle dépend à la fois du développement des fonctions de sentiment et du développement moral de la personne. Autrement dit, on peut être Fe et manquer cruellement d’empathie, tout comme on peut être Ti et apprendre à être profondément attentionné.


D’ailleurs, être conscient des émotions ne suffit pas. Savoir « lire les gens » peut servir à les aider… ou à les manipuler. Le collègue parfaitement capable de repérer vos failles pour mieux vous culpabiliser possède une excellente conscience émotionnelle, mais ce n’est pas exactement ce qu’on appelle une belle âme. Jung lui-même décrivait Fi comme potentiellement manipulatrice, ce qui calme un peu l’enthousiasme de ceux qui font de Fe le grand méchant loup des relations humaines.


Alors que font vraiment Fi et Fe, une fois l’empathie sortie du décor ? Fe est une fonction de jugement fondée sur le sentiment, tournée vers l’extérieur. Elle cherche à s’harmoniser avec les valeurs collectives, celles du groupe, de la culture, de la communauté. Les FJ ont ainsi tendance à privilégier la politesse, la cohésion sociale et l’idée que tout le monde doit pouvoir vivre ensemble sans s’étriper avant le dessert. Le piège, c’est qu’à force de vouloir coller aux attentes du monde extérieur, ils peuvent finir par se perdre eux-mêmes et tenter de satisfaire tout le monde, mission évidemment impossible qui se solde souvent par un élégant fiasco.


Fi, de son côté, repose aussi sur le sentiment, mais cette fois du côté des valeurs subjectives. Les FP construisent leur boussole morale à partir de leur monde intérieur et de leurs ressentis personnels. Ils valorisent l’authenticité et la fidélité à soi, quitte à se retrouver en décalage avec l’ambiance générale. Leur identité est ancrée dans leur vécu intime, ce qui peut parfois créer des collisions sociales, surtout quand leurs émotions évoluent et qu’ils doivent rester sincères avec ces nouveaux élans.


Quand l’empathie fait défaut, les deux fonctions peuvent montrer leur côté sombre. Un Fi centré uniquement sur lui-même peut devenir glacial, enfermé dans ses propres valeurs au point d’ignorer totalement les autres. Un Fe sans empathie peut, lui, se transformer en gardien des normes sociales, prompt à exclure ou mépriser ceux qui ne rentrent pas dans le moule. Dans les deux cas, ce n’est pas la fonction qui est en cause, mais ce qu’on en fait.


Fi et Fe ne sont ni des super-pouvoirs ni des garanties de bonté. Ce sont des manières différentes de juger le monde à travers le prisme du sentiment, avec leurs forces, leurs limites et leurs dérives possibles. Et si cela vous frustre, rassurez-vous : les fonctions Te et Ti auront bientôt droit au même traitement.

 
 
 

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