Ne pas confondre fonctions cognitives et savoir-faire
- Whizkid

- 13 janv.
- 2 min de lecture

Dans l’univers du MBTI, on adore attribuer des super-pouvoirs aux gens. Si vous avez Se, vous êtes censé être un ninja urbain avec des réflexes de félin et un talent inné pour tous les sports. Si vous avez Si, on vous imagine déjà imbattable au Trivial Pursuit du dimanche soir chez mamie. Ni ferait de vous un génie des énigmes, et Fe un as des relations humaines au sourire ravageur. Sauf que… la réalité est un peu moins hollywoodienne.
Cette illusion vient d’une confusion très répandue entre fonctions cognitives et savoir-faire. Une fonction cognitive n’est pas un talent livré avec votre type MBTI. Elle décrit simplement la manière dont votre cerveau traite l’information et la hiérarchise. Le fait de privilégier certains types de données ne signifie absolument pas que vous saurez automatiquement quoi en faire, ni que vous les exploiterez avec efficacité.
Les compétences, au contraire, se construisent. Elles demandent du temps, de l’entraînement, parfois beaucoup d’erreurs et de persévérance. Vous pouvez avoir la « meilleure » configuration cognitive pour un domaine donné : sans pratique, rien ne se passe. À l’inverse, quelqu’un qui n’a aucune affinité naturelle apparente peut devenir excellent simplement parce qu’il s’investit. Votre MBTI ne vous remet pas un diplôme, il vous indique au mieux sur quel terrain vous êtes plus enclin à jouer.
C’est précisément là que la confusion s’installe. Lorsque vous êtes naturellement attiré par un type d’information, vous avez plus de chances d’y consacrer du temps. Et comme ce sont l’effort, la répétition et l’expérience qui créent la compétence, vous finissez par croire que la fonction a « produit » le talent. En réalité, elle vous a seulement donné envie de vous y mettre.
Prenons l’exemple de la fonction Si, souvent caricaturée comme la championne de la mémoire et de la culture générale. Si vous utilisez Si, vous avez tendance à vous construire des impressions personnelles très détaillées de ce que vous vivez. De là à conclure que vous êtes forcément une encyclopédie ambulante, il y a un raccourci… qui est pourtant fait en permanence. On enchaîne alors les glissements logiques : impressions détaillées, donc bonne mémoire ; bonne mémoire, donc rétention massive d’informations ; rétention massive, donc génie des quiz. Et voilà comment un simple mode de perception devient un super-pouvoir digne d’un jeu télévisé.
En réalité, les fonctions cognitives sont des lunettes, pas des muscles. Elles influencent ce que vous regardez en priorité, pas ce que vous savez faire. Les confondre avec des compétences, c’est comme penser que posséder un piano fait automatiquement de vous un virtuose. C’est flatteur pour l’ego… mais pas vraiment réaliste.




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